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#ACTUALITÉ · Le direct · Ouest

Evans Paul estime que la force seule ne réglera pas l'insécurité

Recourir uniquement à la force ne suffira pas à régler l'insécurité en Haïti, a déclaré l'ancien Premier ministre Evans Paul, selon Scoop FM. Invité jeudi de l'émission IMPASSE sur cette radio, à Port-au-Prince, il a désigné la sécurité et l'organisation d'élections comme les deux grands chantiers du pays. Il juge ces deux dossiers étroitement liés. Les propos rapportés ici proviennent de ce seul média.

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Par NAGO News

3 min de lecture

Evans Paul
Evans PaulU.S. Department of State · Public domain · Wikimedia Commons

Une réponse qui ne peut pas être uniquement sécuritaire

Evans Paul s'appuie sur ce que le pays a vécu depuis une trentaine d'années, notamment les interventions internationales, pour dire que les réponses coercitives ont montré leurs limites. Il voit aussi dans la crise des racines socioéconomiques et demande que l'on s'attaque aux facteurs qui poussent des jeunes vers les gangs armés.

Il attribue une part de responsabilité aux familles, dans l'éducation et l'encadrement des enfants. L'État, ajoute-t-il, porte la sienne, puisque les institutions n'arrivent pas à protéger la population.

Des gangs qui bloquent l'économie et le vote

Pour l'ancien chef du gouvernement, le contrôle de routes par des groupes armés et les péages illégaux freinent la circulation des personnes et des marchandises. Les échanges en souffrent dans les zones touchées.

Sur le plan politique, la mainmise des gangs sur certains territoires entrave la tenue d'un scrutin. Les citoyens risquent de ne pas pouvoir se déplacer librement, et leur participation de rester limitée dans plusieurs régions. Evans Paul en conclut que la sécurité ne peut pas être séparée de la recherche d'une solution politique.

La transition et la crédibilité des élections

Evans Paul confie à la transition politique la mission de préparer des élections démocratiques. Il s'agit de rétablir un minimum de sécurité, de garantir la libre circulation et de permettre aux électeurs de voter sans menaces.

Il met aussi en doute la capacité de l'État à tenir parole. Les reports successifs des élections et les changements répétés apportés au décret électoral nourrissent, selon lui, les questions sur la crédibilité du processus et sur la volonté des autorités de respecter leurs engagements.

Il estime par ailleurs que le prochain président doit être choisi par le peuple haïtien dans un processus crédible, car le chef de l'État a besoin de la légitimité que donnent les urnes.

L'assassinat de Jovenel Moïse et les sanctions

Evans Paul cite l'assassinat du président Jovenel Moïse, tué à son domicile le 7 juillet 2021, comme exemple des failles de l'État en matière de sécurité. À son avis, les mesures prises n'ont pas corrigé les problèmes que ce crime a révélés. Il se demande aussi si la justice haïtienne pourra faire toute la lumière sur l'affaire, dont une grande partie des procédures se déroule aux États-Unis.

Il aborde enfin les sanctions internationales, qu'il décrit comme un dilemme politique et un poids moral, et dit que les autorités doivent les évaluer. Le compte rendu de Scoop FM ne donne pas davantage de détails sur ce point.

Source : Scoop FM

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